
Le château de Montredon est installé sur un promontoire appelé le Mont-Redon (Mons Ritundis : Mont arrondi).
Dès l’Antiquité, il était fortifié avec un oppidum sur son promontoire, un tel atout naturel qui fût exploité par les premiers habitants du mont.
Au VIIIème siècle, il est un pagus, c’est-à-dire une subdivision territoriale et au Xème siècle, le château appartient aux vicomtes de Lautrec, vassaux des comtes de Toulouse. Dès la première moitié du XIIème siècle, les seigneurs de Montredon se rapprochent des Trencavel, en témoigne Fredol seigneur de Montredon que l’on retrouve en tant que conseiller de Roger Ier de Trencavel. En 1181, un acte délie les milites (chevaliers) de Montredon de leur serment de fidélité envers Sicard V de Lautrec pour venir renforcer le réseau castral des Trencavel agrandit par Roger II de Trencavel. Durant cet intervalle de temps, on retrouve des cathares au sein du château et de ses environs durant la seconde moitié du XIIIème siècle dont témoigne le passage de Guillaume de La Bourdarié, un prédicateur cathare, qui en cite quelques uns.
Dès le début de la croisade contre les Albigeois (1209-1229), la baronnie passe entre les mains de Simon de Montfort en 1209 qui, selon la légende, aurait résidé au château. Puis, entre 1224 et 1226, la baronnie entre directement dans le domaine royal avant d’être remis en fief à Sicard VI de Lautrec. Cette entrée dans le domaine royal, certes courte, lui vaudra les trois fleur de lys sur son blason. Ensuite, la guerre de Cent ans (1337-1453) va fortement impacter la région et c’est à cette époque où sont rajoutées des cannonières et des bouches à feu pour mieux protéger le château de Montredon, des campagnes de renforcement des fortifications sont également engagées et visibles encore aujourd’hui. Les vicomtes de Lautrec se divisent la vicomté en plusieurs branches et c’est à partir du début du XIVème siècle qu’une certaine partie des vicomtes va résider plus longtemps au sein même de la baronnie tel que Pierre IV, Pierre V, …
En 1431, la baronnie passe à la famille d’Arpajon qui préfère délaisser le Montredon au profit de châteaux comme Castelfranc ou Berlan, plus facile à vivre. Les guerres de religions dévastent la région, entre les destructions d’églises et de châteaux, mais Montredon est épargné et assez bien protégé, étant un bastion catholique. A partir de 1572, la baronnie devient une co-seigneurie entre les Cardaillac-Bioule et les Castelpers-Panat-Lévis. En août 1629, Richelieu réside au château de Montredon pour superviser les travaux d’arasement des fortifications de la ville de Castres, il est accueilli par Louis de Cardaillac et Lucrèce d’Elbène, la nièce de l’évêque d’Albi et châtelaine de l’époque.
Puis, en 1631, la baronnie passe enfin à la famille des Brunet-Villeneuve qui ne résideront presque jamais dans la baronnie. Le château devient prison d’état au XVIIIème siècle et est abandonné à la Révolution.
Tout le long du XIXème siècle et jusqu’à aujourd’hui, le château voit son toit s’effronder, puis son donjon, puis ses tours, et enfin, il a servi de carrière pour les hameaux alentours et même pour quelques édifices du village. Ce qui assez impressionnant pour un château de cette envergure, c’est que tout au long de son histoire, il n’a jamais été pris et son seul fléau a été le temps.
Aujourd’hui, il reste quelques vestiges intéressants et appartient à un privé, il n’est donc pas visitable.

Le château de Montredon au début du XXème siècle
Confer : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Montredon (page wikipédia rédigée par Leo Chupin).
Source :
- BOUSQUET, Fernand, Montredon : Essai d’histoire d’une commune de France, 1926.
- DEBAX, Hélène, La Féodalité Languedocienne (XIème-XIIème siècles), 2003.