
Château de Berlan avec son rocher naturel au début du XXème siècle
Ce château est signalé dès le XIIIème siècle, il permettait de contrôler la route depuis la vallée de l’Agout vers le village de Labessonnié et le château de Montredon. Il prenait son assise sur un énorme rocher naturel, avec une tour, des courtines et un fossé, tout en étant encaissé dans une vallée possédant un micro-climat. Au début du XVème siècle, Pierre VI réside essentiellement dans ce château, plus facilement défendable que le château de Castelfranc et plus facile à vivre que Montredon.
En 1569, Jean III de Castelpers, co-seigneur de Montredon, occupe le château de Berlan. Lors de ces voyages, il laisse une garnison au château sous le contrôle du capitaine Antoine. Durant la même année, Gontaut de Biron devient le chef des protestants de Castres et décide de rétablir les routes entre Castres et la montagne (Vabre, Lacaze, …). Le château de Berlan, bastion catholique, leur coupe la route, ils décident alors de l’assiéger à partir du 5 et jusqu’au 10 juin. Depuis Castres, on fait acheminer 2 canons et 2 pièces de campagne pour bombarder le château de quarante coups environ. Le 10 juin, le château tombe et les quelques rescapés se réfugient à Montredon, il y eu 30 morts du côté des assiégés. On détruisit ce qui restait du château.
Cependant malgré ce triste évènement, le château est reconstruit en 1570 par Jean III de Castelpers, puis il appartient en 1622 à Louis de Cardaillac, l’autre co-seigneur de Montredon. De plus, en 1622, les murs du château auraient accueilli le célèbre peintre flamand Van Dyck, reçu par Lucrèce d’Elbene, la nièce de l’évêque d’Albi à cette époque, et femme de Louis de Cardaillac. Van Dyck aurait peint Raymond V de Toulouse et sa femme Constance de France, ancien suzerains de la baronnie de Montredon. Par ailleurs, Louis de Cardaillac soutient la révolte du Duc de Montmorency, en 1632, qui échoue. Le château de Berlan est définitivement ruiné par les troupes du Marquis de Tavannes et ne se relèvera jamais de ce dernier évènement.
Aujourd’hui, il reste quelques ruines sur une propriété privée, il ne se visite donc pas.

Vestiges d’un mur au château en 2022
Source :
- BOUSQUET, Fernand, Montredon : Essai d’histoire d’une commune de France, 1926.